http://www.20minutes.fr/societe/1377413-meurtre-du-dj-claudy-elisor-les-faiblesses-de-l-enquete-pointees-du-doigt
JUSTICE - Le procès des meurtriers d’un DJ au Blanc-Mesnil s’est ouvert ce vendredi devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis. Les faiblesses de l’enquête sont pointées du doigt…
Témoigner devant une cour d’assises n’est jamais une mince affaire. Encore moins quand on est policier et que l’on a dirigé une enquête de flagrance où les preuves matérielles et scientifiques manquent.
Ce vendredi après-midi, la cour d’assises de Seine-Saint-Denis a entendu le policier en charge de l’enquête du meurtre du DJ Claudy Elisor, tué au cours d’une expédition punitive conduite au soir du Nouvel An 2011 par des jeunes d’une cité voisine. L’un d’entre eux avait été refoulé à l’entrée.
«L’idée n’est pas de dire vous auriez dû faire ça ou ça. Interroger untel ou untel. Mais j’ai des questions et il y a des contradictions», introduit le président de la cour. Face à lui, le policier aux cheveux et à la barbe poivre et sel prête serment. La déposition est relativement consensuelle, les faits rapportés manquent parfois de précision. L’interrogatoire, lui, va être musclé.
Deux accusés sur une dizaine de participants au commando
Car l’enquête qui a mené à renvoyer aux assises Amadou Fall, le principal accusé soupçonné d’avoir été éconduit à l’entrée de la soirée et d’avoir rameuté ses amis pour frapper à mort le DJ, et Alassane Diop, un de ses camarades qui aurait été présent le soir du drame, est ponctuée d’errements, d’approximation et d’erreurs.
«On se retrouve avec deux accusés. Alors qu’une dizaine de personnes ont participé au commando», rappelle Amèle Bentahar, l’avocate d’Alassane Diop. L’avocate agace le policier avec ses questions irritantes mais souvent pertinentes. «Combien de témoins ont reconnu mon client le soir des faits?», questionne-t-elle. «Je ne comprends pas votre question», esquive le fonctionnaire. «Deux. Seulement deux sur trente témoins entendus!».
La «boullette» des policiers du Blanc-Mesnil
«Le problème dans cette instruction, c’est qu’on n’a que deux accusés», martèle-t-elle, regrettant les longueurs. «Les dossiers mettent du temps à se boucler. Ce n’est pas dû à une mauvaise volonté des enquêteurs mais un problème de surcharge de travail», se défend le policier qui s’attache à pointer les contradictions dans les déclarations des accusés en guise «d’indices de leur implication».
Une grossière erreur a été commise il y a trois mois. Un problème d’encre a empêché la transmission d’un fax sur le bureau du juge des libertés et de la détention (JLD). Conséquence, l’accusé principal, Amadou Fall, a été relâché et remis en liberté.
Mais ce n’est rien, en comparaison avec la «boulette» des policiers du Blanc-Mesnil. Considéré en fuite et recherché, il s’est retrouvé à deux reprises en garde à vue dans les locaux du commissariat de la ville. Se présentant sous le nom de son frère, il a réussi à passer entre les mailles du filet. «Je viens de l’apprendre», a concédé l’enquêteur.
Des réponses «pour nos enfants»
Et que dire «des pistes qui n’ont pas été suivies par les policiers», questionne une avocate de la défense. Le procès, qui s’est ouvert ce vendredi, se poursuit jusqu’à vendredi prochain. «On compte beaucoup sur les témoignages des accusés. S’ils ne veulent pas pour l’instant reconnaître leur culpabilité, on espère qu’ils apporteront des réponses», confie à l’extérieur de la salle d’audience un membre de la famille Elisor.
C’est aussi ce que Fabienne, la veuve du DJ, espère. Des réponses, «pour les apporter à nos enfants», souffle-t-elle. Derrière ses lunettes rectangulaires, en robe noire et blanche, elle suit attentivement les débats. «Va falloir s’accrocher», lâche-t-elle. Verdict vendredi prochain.
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